Bokashi inconvénients : les limites de la fermentation des déchets organiques

Le compostage Bokashi est une méthode de plus en plus populaire pour traiter les déchets organiques, en particulier dans les environnements urbains où l’espace peut être restreint. Cette technique japonaise de fermentation utilise des micro-organismes efficaces pour accélérer le processus de décomposition, permettant ainsi de transformer les déchets de cuisine en compost riche en nutriments. Bien que ce système ait des avantages certains, comme sa capacité à traiter rapidement une grande variété de déchets organiques et à limiter les nuisances olfactives, il présente également des inconvénients qu’il est important de considérer.

Parmi les inconvénients du Bokashi, la gestion de l’espace et du timing peut poser problème. Une fois le seau de Bokashi plein, il est nécessaire de lui laisser le temps de fermenter, ce qui implique une pause dans son utilisation qui peut durer de deux à quatre semaines. Pour les utilisateurs produisant une grande quantité de déchets quotidiennement, cela signifie qu’ils doivent prévoir un deuxième seau ou trouver une autre solution pour gérer le surplus temporaire.

Un autre aspect à prendre en compte est le coût initial de mise en place d’un système Bokashi et l’achat des bran de Bokashi, nécessaire pour la fermentation. Bien que le coût puisse être amorti sur le long terme grâce à la production de compost de qualité, cet investissement initial et l’achat continu des intrants peuvent être des facteurs dissuasifs pour certains utilisateurs potentiels.

Inconvénients et défis du Bokashi

Bien que le Bokashi offre des avantages significatifs pour le compostage domestique, il présente également des inconvénients et défis spécifiques liés à la gestion des matières acides, à l’espace requis et aux coûts.

Gestion des substances acides

Le processus de fermentation Bokashi génère un environnement acide qui peut être difficile à gérer. La balance entre le carbone et l’azote doit être soigneusement maintenue pour éviter une acidité trop élevée, qui peut nuire à certaines plantes lors de l’utilisation du compost. Les utilisateurs doivent surveiller le pH pour assurer une décomposition efficace sans créer un excès d’acidité.

Question de l’espace et de la commodité

Les bacs Bokashi nécessitent un espace adéquat et certaines commodités pour fonctionner correctement. Dans un appartement, l’espace peut être limité, et bien que le Bokashi soit compact, il requiert toujours un coin dédié. De plus, durant la phase anaérobie, le manque d’oxygène accélère la fermentation mais requiert une étanchéité parfaite pour éviter les odeurs, ce qui peut représenter un défi pour les utilisateurs.

Coûts initiaux et entretien

Le coût initial d’un bac Bokashi peut être un inconvénient, étant généralement plus élevé que celui des systèmes de compostage traditionnels. Les utilisateurs doivent également acheter régulièrement des bran de fermentation, ce qui représente un coût d’entretien additionnel. L’énergie nécessaire pour assurer le processus anaérobie et l’achat de matières carbonées pour équilibrer le compost peuvent également augmenter les dépenses liées à l’utilisation du Bokashi.

Instructions d’utilisation du Bokashi

Ce segment détaille les étapes essentielles pour démarrer, entretenir et terminer le processus de fermentation du compostage Bokashi, en mettant l’accent sur l’utilisation correcte du son de Bokashi et des déchets organiques, tels que la viande et les produits laitiers.

Démarrage du processus

Pour initier le compostage, l’utilisateur remplit un seau Bokashi avec les détritus organiques, y compris viande, produits laitiers, et épluchures. À chaque couche de déchets ajoutée, il faut saupoudrer généreusement avec du son Bokashi, un inoculant riche en micro-organismes comme l’acide lactique et la mélasse, qui déclenche la fermentation.

Maintenance quotidienne

Durant le compostage, il est impératif d’ajouter les déchets alimentaires quotidiennement et de les compresser, par exemple avec un presse-purée, pour réduire l’espace aérien. Chaque nouvelle couche doit être recouverte de son de Bokashi. On recommande aussi de drainer le jus de fermentation toutes les 24 à 48 heures pour éviter les mauvaises odeurs et accélérer la décomposition. Ce liquide peut être utilisé comme un engrais dilué pour les plantes.

Finalisation et utilisation du compost

Après avoir rempli le seau, le contenu doit reposer deux semaines pour achever la fermentation. L’utilisateur peut alors enfouir le compost fermenté dans un tas de compost ou dans le sol pour le processus de décomposition finale. Le compost Bokashi devrait alors se transformer en un sol riche et fertile.

Considérations spéciales

Lorsqu’on pratique le compostage Bokashi, il est essentiel de tenir compte de certains critères pour garantir son efficacité et minimiser les désagréments possibles tels que les odeurs ou les nuisibles.

Types de matériaux à composter

Le Bokashi peut prendre en charge une gamme étendue de déchets organiques, y compris les restes de viande, les os, les produits laitiers, et même les agrumes. Contrairement aux systèmes de compostage traditionnels, il accueille aussi les matières traditionnellement considérées comme problématiques, telles que les restes d’huiles et de gras. Le secret réside dans le son Bokashi inoculé avec des micro-organismes efficaces qui facilitent la fermentation anaérobie.

Contrôle des odeurs et des moisissures

Le Bokashi se démarque par son processus fermé qui limite considérablement les odeurs, un avantage notable pour un composteur d’intérieur. Toutefois, la présence de moisissure blanche, signe d’une fermentation réussie, est normale, alors que la moisissure verte peut indiquer une contamination ou une erreur dans le processus. Un équilibre délicat doit être maintenu pour éviter les mauvaises odeurs et moisissures indésirables.

Prévention des nuisibles

Conçu pour une utilisation intérieure, le composteur Bokashi est pourvu d’un couvercle hermétique qui aide à prévenir l’attirance des nuisibles. En raison de son fonctionnement anaérobie et du fait qu’il n’exige pas une aération constante, il diminue grandement le risque d’intrusion de petites bêtes attirées par les déchets de cuisine et de jardin. Il est crucial de s’assurer que le couvercle reste bien fermé après chaque ajout de matière organique.

Applications de compost Bokashi dans le jardin

Le compost Bokashi, une fois fermenté, est un amendement riche en nutriments prêt à enrichir le sol du jardin. Il est unique en son genre, car il provient de matières organiques fermentées plutôt que de déchets décomposés de manière traditionnelle. Sa particularité est son pH acide qui nécessite une attention spéciale lors de son application.

Integration au sol du jardin

Pour intégrer le compost Bokashi au jardin, il doit être enterré sous quelques centimètres de terre. Une fois mélangé au sol, il enrichit la terre avec des nutriments et micro-organismes bénéfiques. Il est conseillé de le laisser s’intégrer au sol environ une semaine avant de procéder à la plantation, car son pH tend vers l’acidité et peut nécessiter un temps d’ajustement. Le compost Bokashi s’utilise ainsi :

  • Enterrez le compost à 10-15 cm de profondeur.
  • Mélangez-le soigneusement avec la terre environnante.
  • Attendez une semaine pour que le pH du sol se stabilise avant de planter.

Comme activateur pour le tas de compost

Le compost Bokashi peut également servir d’activateur pour le tas de compost traditionnel. Son contenu riche en micro-organismes efficaces a la capacité d’accélérer le processus de décomposition des déchets du jardin. Pour utiliser le Bokashi de cette manière, suivez ces étapes :

  • Mélangez le compost Bokashi avec votre tas de compost existant.
  • Assurez-vous que le compost Bokashi soit bien réparti pour stimuler l’activité microbienne.
  • Le Bokashi peut complémenter un système de vermicompostage, en servant de pré-compost pour les vers.

Comparaisons additionnelles

La méthode Bokashi de compostage présente des spécificités intéressantes lorsqu’elle est comparée à d’autres techniques telles que le vermicompostage et le compostage en tas. Ces comparaisons soulignent les différences pratiques et les considérations écologiques de chaque méthode.

Bokashi vs Vermicompostage

Le Bokashi est une méthode japonaise de compostage qui repose sur un processus anaérobie (sans présence d’oxygène), en utilisant des microbes bénéfiques pour accélérer la fermentation des déchets organiques. Il s’adapte bien aux espaces réduits et intérieurs, génère peu d’odeurs et peut traiter une grande variété de déchets, y compris de la viande et des produits laitiers, qui sont habituellement évités dans d’autres formes de compostage.

Vermicompostage, d’autre part, utilise des vers pour transformer les déchets organiques en compost. Ce processus est aérobie (nécessitant une présence d’oxygène) et utilise des vers spécifiques, comme les Eisenia fetida. L’avantage du vermicompostage est qu’il produit un compost riche en nutriments et il est également approprié pour les petits espaces, mais il est limité aux déchets végétaux et nécessite une gestion des conditions de vie des vers.

  • Comparaison de méthodes:
    • Bokashi : fermentation anaérobie, microbes bénéfiques, accepte une variété plus large de déchets.
    • Vermicompostage : processus aérobie, dépendant des vers, limité aux déchets végétaux.

Bokashi vs Compostage en tas

Le compostage en tas est un processus aérobie où les déchets organiques se décomposent naturellement au fil du temps sous l’action de micro-organismes naturels. Il convient mieux aux grands espaces extérieurs et peut gérer de gros volumes de déchets. Cependant, il est plus lent que le Bokashi et peut attirer des nuisibles si les tas ne sont pas bien gérés.

Le Bokashi, en comparaison, est un cycle beaucoup plus rapide, principalement en raison du processus de fermentation contrôlé. Il est plus discret et peut fonctionner de manière continue dans la cuisine. Néanmoins, il faut acheter les bran et s’assurer que le sceau est bien scellé pour éviter les problèmes d’odeur.

  • Comparaison des caractéristiques:
    • Bokashi : rapide, adapté pour l’intérieur, nécessite des intrants spécifiques (son enrichi en EM).
    • Compostage en tas : naturel, adapté à de grands volumes, peut prendre plusieurs mois à un an pour produire du compost.

Chaque méthode a ses propres avantages et peut mieux convenir à différents besoins et conditions de vie.

Foire aux questions

Quels problèmes de mauvaises odeurs peut-on rencontrer avec le composteur Bokashi ?

Malgré un système conçu pour limiter les odeurs, un mauvais dosage de son actif peut entraîner des odeurs désagréables. Un composteur Bokashi doit être bien équilibré avec son mélange de son alourdi de micro-organismes efficaces pour éviter ce problème.

Peut-on utiliser le Bokashi en combinaison avec un lombricomposteur ?

Le Bokashi peut être employé en pré-compostage avant de transférer les matières fermentées dans un lombricomposteur. Cela permet une décomposition plus poussée par les vers et améliore le produit final.

Que peut-on déposer dans un composteur Bokashi ?

Un composteur Bokashi accepte une variété de déchets organiques, y compris ceux souvent exclus des bacs traditionnels comme les agrumes, la viande, ou les produits laitiers. Il est cependant crucial de suivre les instructions pour maintenir l’équilibre nécessaire à la fermentation.

Comment doit-on utiliser le Bokashi au quotidien ?

Le Bokashi doit être alimenté avec des déchets organiques qui sont ensuite saupoudrés de son activant. Il est important de presser les déchets pour réduire les poches d’air et fermer hermétiquement le couvercle après chaque dépôt.

À quelle fréquence faut-il vider le seau Bokashi ?

La fréquence de vidange dépend de la quantité de déchets produits et de la taille du seau. En moyenne, un seau plein doit être laissé fermé deux semaines pour terminer la fermentation avant de vider et de débuter un nouveau cycle.

Comment se débarrasser correctement du compost Bokashi ?

Après la période de fermentation, le contenu peut être enterré dans le sol du jardin, où il se décomposera complètement, ou utilisé dans un lombricomposteur comme mentionné précédemment pour une transformation plus avancée.