Tout savoir sur le lombricompostage

Le lombricompostage transforme les déchets organiques en compost à l’action des vers de terre. Mise en place, avantages, rendement, voici tout ce qu’il faut savoir sur cette technique de compostage.

Comment fonctionne le lombricompostage ?

Le lombricompostage est un processus biologique dans lequel des vers de terre, spécifiquement des lombriciens tels qu’Eisenia fetida (communément appelés vers rouges ou vers de fumier), décomposent la matière organique pour produire un compost riche, appelé vermicompost.

  1. Décomposition Initiale : Le processus commence par l’ajout de déchets organiques, tels que des épluchures de légumes, des restes de fruits, du marc de café, et du papier non traité, dans un lombricomposteur. Ces déchets commencent à se décomposer grâce à l’action de microorganismes présents naturellement, comme des bactéries et des champignons.
  2. Action des Vers : Les vers de terre introduits dans le composteur ingèrent cette matière organique partiellement décomposée. Dans leur tube digestif, la matière organique subit une transformation enzymatique, s’enrichissant de micro-organismes et se décomposant davantage.
  3. Production de Vermicompost : Le matériel excrété par les vers, connu sous le nom de turricules, constitue le vermicompost. Ce compost est riche en nutriments comme l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K), ainsi qu’en micro-organismes bénéfiques pour le sol.

Les bonnes pratiques en lombricompostage

Le succès du lombricompostage repose sur de bonnes pratiques de gestion, essentielles pour assurer un environnement propice à l’activité des vers et à la production de compost de qualité. Garder un œil attentif sur l’humidité et l’aération du composteur, ainsi que choisir scrupuleusement les types de déchets à y introduire, s’avère crucial. Ces actions garantissent non seulement la santé et le bien-être des vers, mais optimisent aussi la décomposition des matières organiques.

Le taux d’humidité

La gestion de l’humidité est cruciale dans le lombricompostage. Un taux d’humidité idéal, entre 70 et 80%, assure un environnement propice pour les vers de terre. Dans cet intervalle, ils peuvent se déplacer facilement et digérer la matière organique de manière efficace. Cependant, un excès d’humidité peut créer des conditions anaérobies, dépourvues d’oxygène, nuisibles pour les vers. Ces conditions peuvent également entraîner la production de mauvaises odeurs.

À l’inverse, une humidité trop faible ralentit l’activité des vers et peut les dessécher. Pour maintenir le niveau d’humidité optimal, il est conseillé d’ajouter de l’eau ou des matériaux secs, comme du papier journal ou de la sciure, pour ajuster l’humidité du composteur.

La température

Les vers de compost prospèrent dans une plage de températures modérées, de 15°C à 25°C. Cette gamme de températures favorise leur métabolisme et leur activité de compostage.

Des températures trop basses ralentissent leur métabolisme et peuvent entraîner leur dormance, tandis que des températures trop élevées peuvent causer leur stress ou même leur mort.

Il est donc important de placer le lombricomposteur dans un endroit où la température reste stable, à l’abri des fluctuations extrêmes, telles que le plein soleil direct en été ou le gel en hiver.

L’aération

Une aération adéquate est essentielle pour un lombricompostage efficace. Les vers et les microorganismes dans le composteur ont besoin d’oxygène pour décomposer la matière organique.

Un manque d’aération peut conduire à la formation d’un environnement anaérobie, caractérisé par des odeurs nauséabondes et une décomposition ralentie. Pour éviter cela, il est recommandé de mélanger régulièrement le compost et de s’assurer que le composteur dispose de suffisamment d’ouvertures pour permettre la circulation de l’air.

L’utilisation de matériaux structurants comme des morceaux de carton ou de bois sec peut également aider à maintenir des passages d’air.

Le pH

Le niveau de pH dans un lombricomposteur influence grandement la santé des vers et l’efficacité du processus de compostage. Un pH neutre, autour de 7, est considéré comme optimal. Un environnement trop acide (pH bas) ou trop alcalin (pH élevé) peut être nuisible pour les vers, affectant leur capacité à digérer la matière organique et à reproduire.

Le pH peut être influencé par les types de déchets alimentaires ajoutés au composteur. Des matériaux comme les écorces de citron ou d’autres agrumes peuvent acidifier le compost, tandis que l’ajout de coquilles d’œufs broyées peut aider à neutraliser un pH trop acide.

De plus, certains jardiniers choisissent d’ajouter de la fiente d’oiseau au lombricomposteur pour enrichir le compost en nutriments essentiels. La fiente d’oiseau, bien que riche en azote, doit être utilisée en petites quantités pour éviter un excès d’acidité et doit être bien mélangée avec d’autres matières organiques pour maintenir l’équilibre du compost.

Il est recommandé de vérifier périodiquement le pH et d’ajuster le contenu du composteur en conséquence.

Comment fabriquer un lombricomposteur ?

Voici un plan d’action étape par étape pour vous aider à fabriquer votre lombricomposteur :

Étape 1 : Préparation et Matériaux

  1. Choisissez le Type de Lombricomposteur : Déterminez si vous voulez un lombricomposteur à un seul bac ou à plusieurs niveaux. Les modèles à plusieurs niveaux sont plus faciles à gérer et à récolter.
  2. Matériaux Nécessaires : Pour un modèle simple, vous aurez besoin de deux bacs en plastique identiques, un couvercle, un perçoir ou une perceuse, du carton, et des vers de terre spécifiques au compostage (Eisenia fetida ou Eisenia andrei).
  3. Sécurité : Assurez-vous d’avoir des équipements de sécurité comme des gants et des lunettes de protection lors de l’utilisation d’outils.

Étape 2 : Construction

  1. Perforation pour l’Aération : Percez des trous d’environ 5 mm de diamètre dans le fond d’un des bacs pour l’aération et le drainage. Espacez-les d’environ 5 cm.
  2. Trous pour le Passage des Vers : Si vous optez pour un système à plusieurs niveaux, percez également des trous sur les côtés en haut du bac.
  3. Préparation du Deuxième Bac : Le deuxième bac servira de récupérateur de lixiviat (jus de compost). Ne percez pas de trous dans ce bac.

Étape 3 : Installation

  1. Placez le Bac Perforé dans le Bac Plein : Assurez-vous qu’il y ait un espace entre les deux pour recueillir le lixiviat.
  2. Ajout de la Litière : Mettez une couche de carton déchiqueté ou de papier journal humide dans le bac perforé. Cela servira de litière pour les vers.
  3. Introduction des Vers : Ajoutez les vers de compost dans le bac.

Étape 4 : Entretien et Alimentation

  1. Alimentation des Vers : Commencez par de petites quantités de déchets organiques. Évitez les produits laitiers, la viande, et les agrumes. Augmentez progressivement la quantité en fonction de la vitesse de compostage.
  2. Humidité : Le compost doit rester humide mais pas trempé. Vaporisez de l’eau si nécessaire.
  3. Aération : Mélangez le compost de temps en temps pour assurer une bonne aération.

Étape 5 : Récolte du Vermicompost

  1. Récolte : Après quelques mois, vous devriez pouvoir récolter votre premier compost. Si vous avez un système à plusieurs niveaux, les vers migreront vers le haut, laissant le compost mûr dans le bac inférieur.

Étape 6 : Utilisation du Vermicompost

  1. Application : Utilisez le vermicompost comme amendement pour vos plantes. Vous pouvez le mélanger avec du terreau ou l’utiliser comme paillis.

La vie des vers dans le lombricompost

Le cycle de vie des vers de compost, en particulier des espèces comme Eisenia fetida, est un élément clé du succès du lombricompostage. Les vers passent par plusieurs étapes de développement, allant de l’œuf au ver adulte.

  1. Le processus commence par la ponte de cocons par les vers adultes. Chaque cocon, de la taille d’une graine de moutarde, contient plusieurs embryons.
  2. Avec les bonnes conditions d’humidité et de température, ces cocons éclosent en environ trois semaines, libérant de jeunes vers.
  3. Ces derniers grandissent rapidement et atteignent leur maturité sexuelle en environ deux mois, prêts à commencer leur propre cycle de reproduction.

Ce cycle rapide et efficace permet une régénération constante de la population de vers, essentielle pour le maintien d’un processus de compostage actif et continu.

Comment se déroule la reproduction des vers ?

Les vers de terre utilisés dans le lombricompostage sont hermaphrodites, ce qui signifie qu’ils possèdent à la fois des organes reproducteurs mâles et femelles. Cependant, pour la reproduction, deux vers s’accouplent, chacun échangeant du sperme avec l’autre.

Après l’accouplement, chaque ver produit un ou plusieurs cocons, qui seront ensuite déposés dans le compost. À l’intérieur de chaque cocon, les œufs sont fécondés par le sperme stocké, menant à la formation de nouveaux vers. Cette capacité à se reproduire rapidement et efficacement est un atout majeur du lombricompostage, car elle assure une population de vers suffisante pour traiter activement les déchets organiques.

En outre, cette reproduction rapide contribue à l’auto-régénération du système de compostage, le rendant extrêmement durable et autonome.

Impact Environnemental et Agronomique

Le vermicompostage se révèle comme une stratégie gagnante pour notre planète et nos assiettes. En convertissant les déchets de cuisine et de jardin en un amendement riche, cette méthode écologique fait d’une pierre deux coups : elle diminue la quantité de déchets destinés aux décharges tout en produisant un compost hautement bénéfique pour le sol.

Impact Environnemental du Vermicompostage

Le vermicompostage a un impact profond sur la réduction des déchets. En transformant les restes organiques en compost, il réduit significativement le volume de déchets envoyés aux décharges. Les chiffres le prouvent : grâce au vermicompostage, on peut diminuer la quantité de déchets organiques d’un foyer, réduisant ainsi l’empreinte carbone associée à la gestion des déchets.

  1. Réduction des Déchets et Émissions de Gaz à Effet de Serre: Le vermicompostage joue un rôle crucial dans la diminution de la quantité de déchets organiques destinés aux décharges. En transformant ces déchets en compost, il réduit le volume total de déchets de manière significative. Par exemple, il est estimé qu’un système de vermicompostage domestique peut réduire les déchets ménagers de jusqu’à 30%. De plus, en évitant la décomposition anaérobie des déchets dans les décharges, le vermicompostage limite les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique.
  2. Amélioration de la Santé du Sol et Captage de Carbone: Le vermicompost enrichit le sol en matière organique et en microorganismes bénéfiques, améliorant sa structure, sa fertilité et sa capacité à retenir l’eau. Cette augmentation de la matière organique dans le sol contribue également à la séquestration du carbone. Des études ont montré que l’utilisation de compost peut augmenter significativement le stockage de carbone dans le sol, aidant ainsi à réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

Applications Agricoles du Vermicompost

Sur le front agricole, le vermicompost est un véritable booster pour les sols et les plantes. Riche en nutriments essentiels, il améliore la structure du sol, augmente sa capacité de rétention d’eau et favorise la santé des plantes.

  1. Amélioration de la Qualité et de la Fertilité du Sol: Le vermicompost est extrêmement riche en nutriments essentiels comme l’azote, le phosphore et le potassium, ainsi qu’en micro-éléments bénéfiques pour les plantes. Il a été démontré que l’application de vermicompost au sol améliore sa fertilité, sa structure et sa capacité de rétention d’eau. Par exemple, l’ajout de vermicompost peut augmenter la teneur en azote du sol de 5% et la teneur en phosphore de 7%, améliorant ainsi la croissance des plantes.
  2. Augmentation des Rendements et de la Résistance des Plantes: L’utilisation de vermicompost en agriculture a montré une augmentation notable des rendements des cultures. Les plantes cultivées avec du vermicompost présentent souvent une meilleure croissance, une floraison plus abondante et une résistance accrue aux maladies et aux stress environnementaux. Dans certaines études, l’application de vermicompost a entraîné une augmentation des rendements allant jusqu’à 25% pour certaines cultures, comparativement à l’utilisation d’engrais chimiques ou de compost traditionnel.

Le vermicompostage dans le monde

Autour du globe, le vermicompostage se manifeste sous diverses formes, adaptées aux conditions et aux cultures locales.

À Cuba, par exemple, les bacs en ciment sont une solution populaire pour le vermicompostage, adaptée au climat tropical. Le fumier de vache, aliment principal des vers, est préparé avec soin avant d’être ajouté aux bacs, nécessitant un arrosage quotidien pour maintenir l’humidité adéquate.

En Inde, la tradition du vermicompostage utilise des lits en bois, où un mélange de déchets organiques est géré pour optimiser le ratio carbone/azote, avec un suivi précis de l’humidité et de la température.

Mes conseils d’expert pour un lombricompost réussi

D’expérience, faire du lombricompost pour la première fois peut ne pas être simple. En tant que fan de cette technique de compostage, je vais vous donner des conseils précieux. En bref, tout ce que j’aurais aimé savoir avant de me lancer.

Où placer son lombricomposteur ?

  1. Température Modérée : Les vers de compost prospèrent dans des températures comprises entre 15°C et 25°C. Des températures extrêmes peuvent nuire à leur santé et à leur capacité de compostage. En hiver, placez le composteur dans un endroit isolé ou à l’intérieur, comme un garage ou une cave, pour le protéger du gel. En été, cherchez un endroit frais et ombragé pour éviter la surchauffe.
  2. Protection contre le Soleil Direct : Évitez de placer votre lombricomposteur en plein soleil. Une exposition directe peut surchauffer le composteur, ce qui risque de déshydrater et de tuer les vers. Une lumière indirecte ou un endroit semi-ombragé est idéal.
  3. Facilité d’Accès : Choisissez un emplacement facilement accessible pour ajouter des déchets et pour la récolte du compost. Si vous l’utilisez en intérieur, assurez-vous que l’endroit est bien ventilé pour éviter les odeurs.

Comment surveiller son lombricomposteur ?

  1. Odeurs : Un lombricomposteur bien géré ne devrait pas dégager de mauvaises odeurs. Si vous remarquez une odeur désagréable, cela peut indiquer un déséquilibre dans le composteur, comme un excès d’humidité, un manque d’aération, ou une surcharge de déchets alimentaires. Ajustez l’humidité en ajoutant du carton sec ou du papier journal, et mélangez le compost pour améliorer l’aération.
  2. Nuisibles : Un couvercle bien ajusté peut aider à prévenir l’infestation par des nuisibles comme les mouches et les rongeurs. Assurez-vous que les trous d’aération sont suffisamment petits pour empêcher leur entrée. Évitez d’ajouter des aliments qui attirent les nuisibles, comme la viande, les produits laitiers et les aliments gras.
  3. État des Vers : Vérifiez régulièrement vos vers pour vous assurer qu’ils sont actifs et en bonne santé. Si vous observez une diminution de leur activité ou un nombre de vers en baisse, cela peut indiquer des problèmes dans l’environnement du composteur, tels que la température, l’humidité, ou la qualité de la nourriture.
  4. Humidité et Aération : Le compost doit être humide, mais pas détrempé. Trop d’humidité peut créer des conditions anaérobies et générer des odeurs désagréables. Trop peu d’humidité peut déshydrater et tuer les vers. De plus, assurez-vous de mélanger régulièrement le compost pour fournir une aération adéquate, ce qui est crucial pour le processus de décomposition et pour éviter la compaction du matériau.

FAQ

Qu’est-ce que le vermicompostage ?

Le vermicompostage est le processus de transformation des déchets organiques en compost grâce à l’action des vers de terre, notamment des espèces comme Eisenia fetida. Ce compost enrichi, appelé vermicompost, est un amendement de sol riche en nutriments.

Comment démarrer un lombricomposteur chez soi ?

Pour démarrer, vous aurez besoin d’un bac adapté, de vers spécifiques au compostage, et d’une quantité initiale de déchets organiques. Veillez à maintenir une bonne humidité et une température stable dans le bac pour favoriser l’activité des vers.

Quels types de déchets puis-je mettre dans mon lombricomposteur ?

Vous pouvez y mettre des déchets de fruits et légumes, du marc de café, des filtres en papier, des coquilles d’œufs écrasées, et des morceaux de papier non imprimé. Évitez les viandes, les produits laitiers, les huiles et tout matériau non biodégradable.

Combien de temps faut-il pour obtenir du vermicompost ?

Le temps nécessaire varie selon le volume du bac et la quantité de déchets, mais généralement, vous pouvez commencer à récolter du vermicompost après 3 à 6 mois.

Comment maintenir une bonne santé des vers dans le composteur ?

Assurez-vous que le composteur reste humide (mais pas trempé) et qu’il est placé dans un endroit avec une température stable, idéalement entre 15°C et 25°C. Variez les déchets organiques pour fournir une alimentation équilibrée aux vers.

Le vermicompostage attire-t-il les nuisibles ?

Si géré correctement, le vermicompostage ne devrait pas attirer de nuisibles. Évitez de composter des viandes et des aliments gras, et assurez-vous que le composteur est bien couvert.

Peut-on faire du vermicompostage en appartement ?

Oui, le vermicompostage est parfaitement adapté à la vie en appartement grâce à sa nature inodore et à la petite taille des systèmes de compostage disponibles sur le marché.

Comment utiliser le vermicompost une fois qu’il est prêt ?

Le vermicompost peut être mélangé avec la terre de vos plantes, utilisé comme paillis ou ajouté au sol de votre jardin. Il enrichit le sol en nutriments et améliore sa structure.

Références